Combien de degrés en moins ? La question à laquelle tout le monde répond mal

On vous répondra « jusqu’à −10 °C ». C’est une réponse commode et à peu près dénuée de sens. Voici la vraie, en watts — et ce qu’elle change pour votre pièce.

Baie vitrée de maison équipée d’un film solaire anti-chaleur, la lumière passe, la chaleur est arrêtée
Une baie traitée. Ce qui a changé n’est pas la température affichée par un thermomètre, c’est la quantité d’énergie qui entre.

C’est la première question, et elle est légitime : on va gagner combien ? Le problème, c’est qu’on y répond presque toujours par un chiffre en degrés — « jusqu’à 10 °C de moins » — qui ne veut rien dire tant qu’on ne sait pas de quelle pièce on parle.

Un film solaire ne refroidit rien. Il empêche de l’énergie d’entrer. Ce que cette énergie en moins produit comme degrés dépend ensuite du volume de la pièce, de son isolation, de sa ventilation et de ce qu’il y a dedans. Deux maisons voisines avec la même baie et le même film n’auront pas le même écart au thermomètre.

La bonne unité, c’est le watt

Repartons de ce qui est mesurable. Par ciel clair, le soleil délivre environ 900 W par mètre carré sur une surface qui lui fait face. Une baie vitrée n’est jamais parfaitement face au soleil, donc elle en reçoit une fraction — plus le diffus du ciel, une centaine de watts. Un double vitrage clair laisse passer environ 72 % de cette énergie.

Pour une baie orientée sud, au midi solaire, sous la latitude du Var :

Énergie entrant par une baie sud de 10 m², vitrage clair (43,2° N, ciel clair)
DateHauteur du soleilEntre par m²Pour 10 m²
21 juin70°298 W3,0 kW
Équinoxes47°523 W5,2 kW
21 décembre23°674 W6,7 kW

Trois kilowatts. C’est deux radiateurs électriques à pleine puissance, allumés dans votre salon, tout l’après-midi. Voilà l’ordre de grandeur du problème — et voilà pourquoi une climatisation n’y arrive pas : elle se bat contre une source qu’on n’a pas coupée.

Un film qui rejette 80 % de cette énergie ramène les 3 000 W à environ 600 W. Ce n’est pas un gain de « quelques degrés » : c’est 2 400 W en moins à évacuer, en permanence, sans rien consommer.

« Un film ne retire pas des degrés. Il retire des watts. Les degrés, c’est votre pièce qui les calcule. »

Le chiffre qui surprend tout le monde

Vous avez peut-être relevé l’anomalie dans le tableau : une baie sud reçoit plus d’énergie en décembre qu’en juin. Ce n’est pas une erreur. En été le soleil est haut, il frôle la vitre verticale ; en hiver il est bas, il la frappe presque de face. C’est d’ailleurs une bonne nouvelle — c’est exactement le comportement qu’on veut d’une façade sud.

Ce qui pose la question suivante : si ce n’est pas la baie sud qui cuit l’été, laquelle ?

Ce n’est pas votre baie sud, c’est celle de l’ouest

Le calcul, heure par heure, au solstice d’été, pour trois orientations. La colonne à regarder est la dernière ligne.

Énergie entrant par m² de vitrage clair, 21 juin, 43,2° N
Heure solaireHauteur du soleilBaie estBaie sudBaie ouest
9 h48°500 W179 W79 W
12 h70°79 W298 W79 W
15 h48°79 W179 W500 W
18 h16°79 W79 W674 W
Sur la journée—2 990 Wh2 219 Wh4 159 Wh

Une baie ouest encaisse presque le double d’une baie sud sur une journée d’été — 4 159 Wh contre 2 219. Et elle l’encaisse au pire moment : entre 16 h et 20 h, quand la maison a déjà chauffé toute la journée et que la nuit ne rafraîchira plus assez.

C’est la raison pour laquelle tant de gens nous disent « c’est le soir que c’est invivable ». Ce n’est pas une impression : à 18 h, une vitre ouest reçoit 674 W/m², plus du double du maximum qu’une vitre sud atteindra jamais en été.

Ce que ça change pour votre devis
Si votre budget ne permet pas de tout traiter, commencez par l’ouest, puis l’est, puis le sud. C’est l’inverse de ce que suggère l’intuition, et c’est ce que dit la géométrie. Sur une véranda à toiture vitrée, la toiture passe avant tout le reste — nous l’avons détaillé dans un autre article.
Comparaison de température entre l’extérieur et l’intérieur derrière un vitrage traité par film solaire
Ce type de comparatif est parlant, mais il dépend entièrement de la pièce. C’est pour cela que nous préférons raisonner en watts arrêtés.

Alors, combien de degrés ?

Puisque la question sera posée, voici la réponse la plus honnête que nous puissions donner, avec ses conditions :

Écart ressenti constaté, selon la configuration
SituationCe qu’on observePourquoi
Véranda, toiture vitrée traitéeL’écart le plus netPetit volume, très vitré, sans inertie : l’énergie retirée se voit tout de suite
Pièce ordinaire, une baie traitéeÉcart modéré mais durableLe volume est grand, les murs stockent : le gain se lit sur la journée, pas à la minute
Pièce climatiséePeu d’écart de température……mais la clim s’arrête enfin, et c’est là que se lit le gain
Pièce mal ventiléeÉcart réduitL’air chaud reste : le film a fait son travail, la ventilation non

Vous remarquerez qu’aucune ligne ne donne un nombre. C’est volontaire. Un professionnel qui vous annonce « −8 °C » avant d’avoir vu votre pièce vous annonce un chiffre qu’il ne peut pas connaître. Ce qu’il peut connaître, et qu’il doit vous donner, c’est le pourcentage d’énergie solaire rejetée par le film qu’il propose — celui-là est mesuré en laboratoire et figure sur la fiche technique.

Le thermomètre et la peau ne mesurent pas la même chose

Il existe une raison de plus pour laquelle le nombre de degrés est une mauvaise unité : une partie de l’inconfort ne se lit pas sur un thermomètre.

Une vitre exposée au soleil chauffe. En fin d’après-midi, la face intérieure d’un vitrage clair plein ouest peut dépasser 40 °C. Ce verre chaud rayonne vers ce qui lui fait face — vos meubles, votre sol, et vous. C’est la même sensation que devant un poêle : l’air peut être à 25 °C, on a chaud quand même, parce qu’on reçoit un rayonnement direct.

C’est ce qui explique un retour que nous entendons souvent après une pose : « je ne sais pas si c’est plus frais, mais on peut enfin s’asseoir près de la fenêtre ». Le thermomètre au milieu de la pièce n’a presque pas bougé. Le confort à un mètre du vitrage, si — parce que le verre ne chauffe plus autant, donc il ne rayonne plus autant.

Un test que vous pouvez faire aujourd’hui
En fin d’après-midi, posez la paume sur l’intérieur de votre vitrage le plus exposé, sans le toucher longtemps. S’il est franchement chaud, vous tenez la source de votre inconfort — et elle ne figure sur aucun thermomètre de la pièce. Recommencez sur une fenêtre à l’ombre pour comparer.

Les trois questions à poser avant de signer

  1. « Quel pourcentage d’énergie solaire ce film rejette-t-il ? » C’est le seul chiffre que le film garantit. Demandez la fiche technique, elle existe.
  2. « Et combien de lumière laisse-t-il passer ? » Les deux valeurs s’opposent. Un film qui rejette 85 % assombrit forcément plus qu’un film qui en rejette 60 %. Le bon choix dépend de la pièce.
  3. « Par quelle orientation commencez-vous ? » Si la réponse est « le sud » sans avoir regardé vos ouvertures, la géométrie n’a pas été faite.

Ce qu’un film ne fera pas

  • Il ne refroidira pas une pièce déjà chaude. Il empêche la chaleur d’entrer ; il ne fait pas sortir celle qui est là. Une pièce fermée toute la journée restera chaude.
  • Il ne remplacera pas la ventilation. C’est un couple : le film coupe l’apport, la ventilation évacue le reste.
  • Il ne compensera pas une toiture non isolée. Si la chaleur entre par les combles, traiter les vitres ne réglera qu’une partie du problème — et nous le disons avant le devis.

Pour situer votre cas, la page film anti-chaleur détaille les performances des films que nous posons. Et si votre problème vient d’une véranda, l’article sur la toiture contre les baies traite le cas particulier — la toiture y reçoit trois fois plus que la baie sud. La visite technique est gratuite dans tout le Var, depuis Hyères : décrivez-nous vos vitrages.

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